L'EntrepriseLes hommes qui ont fait l'entreprise![]() En ce temps là, tout est simple. On s'efforce de bien marier les filles. L'aîné reprend l'exploitation. Les autres garçons partent à l'aventure et doivent se débrouilIer par eux-mêmes. Eugène apprend ainsi le métier de maréchal-ferrant. Puis, il ressent l'appel de la route et quitte le pays avec son frère André. Ils s'initient l'un et l'autre à la maçonnerie et décident de se fixer à Dijon. Pendant quelques mois, ils travaillent ensemble. Ayant pris un chantier à Arbois (Jura), Eugène rencontre une jeune fille qui deviendra son épouse. C'est alors qu'il se sépare de son frère et tout comme lui fonde une entreprise. Celle d'Eugène s'appelle aujourd'hui l'Entreprise ROGER MARTIN. Celle d'André, l'Entreprise HENRI MARTIN. Sérieux, tenace, austère, Eugène est un travailleur opiniâtre. Sa femme Marie possède aussi ces qualités solides, avec ce qu'il faut d'ambition. Ensemble, il vont réussir à créer une équipe, à fonder une entreprise. Ils s'installent rue Daubenton. A cette époque, les chariots de l'Entreprise PECHINOT, transporteur habituel de l'Entreprise MARTIN, viennent chaque matin apporter les matériaux et transporter les déblais. On pose des bordures de trottoirs. On fait de l'asphaltage. Eugène MARTIN travaille beaucoup pour le P.L.M, en allant faire les quais de toutes les gares de la ligne Paris-Lyon-Marseille. Pendant ce temps, Marie tient les livres de comptes, paye les ouvriers et veille sur l'éducation de leurs deux enfants. Le cimetière de Dijon est alors transféré aux Péjoces, libérant de vastes terrains auprès du futur hôtel de la Cloche, jusqu'aux rues Montmartre et de l'Egalité. Eugène MARTIN y acquiert de quoi construire un immeuble au 5 de la rue Montmartre, où il établit ses bureaux et ses activités. Homme du Franc Or, il ignore l'endettement et le crédit. Aussi laisse-t-il rapidement l'Entreprise à son fils Roger quand celui-ci dans un esprit moderne veut développer l'affaire en investissant, en prenant des risques. Aux côtés d'Eugène MARTIN, Quelques fortes figures n'ont pas disparu des mémoires. Ainsi celle d'un chef de chantier, M. NENOT dont le fils Louis sera encore paveur à l'Entreprise après la guerre de 40. Il épouse en 1929 Suzanne BARRUET qui lui donnera cinq enfants. Comme sa belle-mère, Suzanne fait bien partie de ces "Hommes qui ont fait l'Entreprise". Son mari mobilisé durant la seconde Guerre mondiale, elle se retrouve chef d'entreprise. Avec un personnel réduit à six salariés, mais beaucoup de courage et de tenacité, il faut tenir coûte que coûte. Si l'Entreprise ne disparaît pas à la Libération, c'est à elle qu'on le doit. Asphalteur, Albert RIGE est à ses côtés. Grand comme un 1 majuscule, des muscles à faire pâlir un Silvester Stallone, il n'est pas à prendre avec des pincettes et sa spatule bouillante menace souvent ceux qui piétinent son trottoir encore irais. Son aide Marius RIAT, chauffeur d'asphalte est lui aussi un costaud. Son casse-croûte matinal à l'ail et au vin rouge reste célèbre. Il chauffe ses marmites d'asphalte en duo et quand son équipier ne travaille pas assez, il le menace de le plonger dans le liquide à plus de 200°. Jean GAILLARD est alors le collaborateur de bureau qui vient d'entrer à l'Entreprise. Certains matins, il emmène sur son vélo un enfant à l'école... Lorsque la guerre s'achève, il devient le bras droit de Roger MARTIN et pendant quarante-cinq ans, il sera omniprésent dans l'Entreprise. Il surveillera des chantiers. Il sera conducteur de travaux. Il fera des études de prix. Il sera chef de l'Agence de Dijon et terminera sa carrière à l'Entreprise aux côtés de Jean-Louis BOURROUET pour soumissionner les affaires. Attachement, fidélité, gentillesse, discrétion, dévouement, courtoisie, voilà le portrait de cet homme exceptionnel. Un camion roule dans Dijon. Il est conduit par Henri BON, chauffeur durant de longues années. Son frère Ernest est conducteur de bulldozer sur les chantiers de terrassement de l'époque. Deux longues carrières à l'Entreprise ROGER MARTIN. Celle-ci renaît de ses cendres et Belfort retrouve les "anciens" revenus des années de guerre.. La réorganisation de l'Agence dans les années 1950 est l'oeuvre d'André MIGNOT, capitaine en retraite, énergique et tenace. Son Agence est à ses yeux une compagnie et il a un caractère bien trempé. D'une très grande fidélité, il marquera l'Entreprise, surtout à Belfort où tout le monde garde précieusement son souvenir. Il est entouré des GUILHEN. On devrait dire la saga des GUILHEN. Le père Eugène GUILHEN, était chef de chantier auprès de Roger MARTIN à BELFORT. Il avait quatre fils. Un jour à la suite d'une divergence de vue, Eugène GUILHEN quitte l'Entreprise et peu de temps après fonde lui-même avec ses quatre enfants sa propre entreprise, l'Entreprise GUILHEN à Belfort. Malheureusement, cela ne dure pas longtemps. Eugène GUILHEN a un accident et décède peu après. Les quatre fils rentrent alors à l'Entreprise ROGER MARTIN où ils sont encore. Chacun avec sa personnalité. Bernard, travailleur exemplaire, consciencieux, animé d'une volonté farouche et premier défenseur de la qualité. Marcel, aujourd'hui en retraite a été chef d'équipe. Michel, conducteur d'engins, toujours prêt à rendre service d'extrême qualité; enfin René, grand travailleur qui a passé son existence avec son frère Bernard. Les quatre fils Aymon des Travaux Publics ! Une troisième génération arrive également au sein de l'Entreprise avec André - le fils de Bernard - prêt à prendre la relève avec des qualités analogues à celles de son père. Comment ne pas penser à Louis IMBERTI paveur, poseur de bordures de grande compétence ? Chassé de son pays en 1956 par les chars soviétiques, Antal PATAKI fait halte à Belfort. Ingenieur du génie rural, cet exilé hongrois, trouve ici sa seconde patrie. Il sera longtemps l'adjoint d'André MIGNOT, avant de lui succéder, conduisant l'Agence avec intelligence et ardeur. A cette même époque, l'évolution de la mécanisation rend nécessaire l'organisation d'un Parc de Matériel. La situation de l'Entreprise dans l'Est de la France justifie son implantation à BELFORT. Robert MARTIN devient le chef du Parc. Il n'appartient pas à la famille, mais à la "grande famille" de l'Entreprise. Son astuce, son entregent fonr merveille. Son caractère ? Dur comme le comblanchien, et il n'est pas rare de le voir s'entrechoquer avec celui de Roger MARTIN. Mais quel ouvrage ! Avec lui, Gustave TRANCHANT est chef d'atelier. Il deviendra ensuite le chef du Parc. Travailleur, débrouillard comme personne, il n'a pas son pareil pour passer des engins du génie maritime à la race des scrapers et bulldozers. A l'atelier, on rencontre aussi Paul LANG mécanicien hors pair, très attaché à l'Entreprise. On peut toujours compter sur lui pour avoir des machines en bon état de marche. Et en équipe avec lui, l'excellent motoriste jean Bure. Sur les chantiers, la mécanique est suivie par jean HERMENT. Ses qualités le conduisent au poste d'adjoint au chef du Parc de Matériel. Il assume cette responsabilité auprès de plusieurs chefs successifs, chargé de l'intérim. Au point qu'on l'appelle volontiers "Poher"... L'Entreprise compte un noyau de conducteurs compétents, fidèles, dont le meilleur exemple est offert par Jean CHOULET. Entré dans l'Entreprise en 1957, il la quitte en 1993. Durant ces longues années, il est conducteur de bulldozer et, en particulier, pousseur de scrapers. Qui n'a pas fait cela ignore ce que peuvent signifier sur un chantier, un mastodonte entre les mains, le doigté, la précision, le travail impeccable au quart decentimètre. Le dernier D9 qu'il ait conduit atteindra 17 000 heures de service sans réparation notable, hormis les pièces d'usure du train de roulement. De même Roger BOURGOGNE, niveleur remarquable, habile, soucieux d'exactitude, qui est hélas ! emporté par un accident de travail et que nous n'oublierons jamais. Au siège, Henri MEURGEY est d'abord comptable puis cadre administratif et financier. Aux côtés de Roger MARTIN, il est chargé des cordons de la bourse. Il organise le Service administratif, donnant au besoin quelques conseils juridiques. Il est assisté de Madame NEFF qui est sa comptable. Plus récemment, Madame BADOT, tient un poste de comptabilité associant à la nécessaire rigueur de cette mission l'humour et l'enthousiasme. Quant à Madame COTELLE, retraitée depuis peu, elle dirige le service social et fait les payes. Une institution dans la Maison ! Confidente de chacun, elle sait écouter, conseiller, réconforter, disputer à l'occasion, avec un coeur d'or dans une main de velours. On voit souvent un colonel de l'Armée de l'air en position de réserve, Claude LAMBOLEY. Pendant de longues années, il représente à Paris l'Entreprise ROGER MARTIN. Directeur commercial, homme de confiance, il sait "dénicher" les marchés et ne manque jamais de raconter quelques bonnes histoires entre deux rapports d'activités. Les grands chantiers de l'après-guerre sont dirigés par Marcel GIRARD. Un grand nom dans l'Entreprise. Un pincement de coeur aussi, car il vient de Pionsat comme Eugène MARTIN. Oui, ce petit village d'Auvergne d'où toute cette aventure est partie il y a cent ans. A 14 ans, Marcel arrive à DIJON. Il débute comme manoeuvre et grimpe tous les échelons pour terminer à la tête des très grands chantiers de terrassement des aérodromes. Sa fierté bien à lui, sa fidélité envers son parcours professionnel lui font porter en toute circonstance un "bleu" et un béret basque qu'il ne soulève qu'à regret pour dire bonjour. Le nom de GIRARD demeure attaché à l'Entreprise : Claude, conducteur de travaux dirige aujourd'hui des chantiers autoroutiers.A Marcel GIRARD, succèdent deux conducteurs de travaux à la forte personnalité. D'abord niveleur et chef de chantier, Guy FOUQUET exécute la plupart des grands chantiers dans les années 1960. Il possède en lui l'énergie et la disponibilité qui permettent de progresser. Dans un premier poste, il a été employé à l'Entreprise MARTIN de Nice dont le dirigeant s'appelle... Pierre MARTIN, ce qui lui fait dire : "J'aurai passé toute ma vie de Travaux Publics avec un seul patron à deux têtes, Pierre MARTIN de Nice et Pierre MARTIN de Dijon." Arrivé dans l'Entreprise peu avant la cinquantaine, Maurice VERNEAU vient d'une grande entreprise de terrassement et refuse de continuer la vie de nomade qu'il mène depuis vingt-cinq-ans. Il est de Saint-EMILAND en Saône-et-Loire et entend rester en Bourgogne. Il est embauché un dimanche matin, en famille et à la bonne franquette. L'Entreprise ROGER MARTIN n'a qu'à se louer de cette initiative. Il apprend beaucoup de choses au personnel de chantier, des astuces, des tours de mains. On lui doit en particulier la conduite du chantier de la déviation de SOMBERNON. Enfin à DIJON, sur les petits chantiers, on voit les MANTOAN. Deux frères. Léonid : trente-neuf années à l'Entreprise. Il occupe les différents postes de la hiérarchie pour terminer chef de chantier. Il sait tout faire, un de ceux dont on dit lorsqu'on est ennuyé : "On va demander cela à Léonid !". Narcisse : toujours impeccable, la moustache taillée finement, est poseur de bordures à Dijon. Sa connaissance du métier, son adresse, sa gentillesse l'ont conduit, à la fin de sa carrière, à enseigner, à former des jeunes sur le tas, beaucoup de jeunes. Ceux-là, qui ont un peu veilli, sont ceux que l'on rencontre sur nos chantiers aujourd'hui.TAYEB est Algérien, chef d'épuipe terrassier. D'un très grand dévouement. C'est l'époque où les Entreprises "sommeillent" durant l'hiver. TAYEB part avec "sa troupe" en décembre, revient en mars. Il faut le voir revenir avec des nouveaux, tous en file indienne, chargés de cadeaux : oranges, babouches, couffins...Poseur de bordures en ville de DIJON, BELGUEMBOUR reste plus de trente ans dans l'Entreprise et l'on peut dire que les Dijonnaises et les Dijonnais le connaissent bien. Parmi tous ces collaborateurs, tous ces amis cités ici, des oublis se sont certainement produits et nous vous demandons de le pardonner. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui collaborent avec passion et efficacité pour que l'Entreprise progresse encore. Comment les citer toutes et tous ? Que chacune et chacun trouve ici l'expression de notre gratitude pour le travail accompli avec tant de conscience !
|


